Regards critiques

« Face à tous ces spectres, anciens et futurs, que dire ? Les graffitis, les tags ont brouillé le message. Le visage de l’ « homme » n’est-il pas devenu illisible pour lui-même ? Nous en changeons chaque jour, jusqu’à notre tête de mort. Tes exemples sont pertinents et probants. Tu es devenu une sorte de nouveau Brassaï. Dommage que ce livre soit trop petit, il méritait un plus grand format et une plus grande qualité de reproduction : tu y remédieras la prochaine fois. Sache en tout cas que mon amitié et ma confiance en ont été multipliées. Les vrais communistes me sont de plus en plus sympathiques ? Ce sont les derniers résistants à l « ’Ordre mondial ! »

Texte d’Alain Jouffroy sur les « Origènes » de Claude Mollard  12/12/2008

 

« Claude-Charles Mollard, incomparable sourcier, est parti à la découverte d’un monde qui aurait passionné Roger Caillois et qui fascine immanquablement les hommes d’aujourd’hui. »

Jean-Luc Chalumeau, 2007

 

« Toute cette population d’origènes témoigne d’un art à l’état sauvage, émergeant d’une « chaosmose » primordiale, dans une véritable pétrification ontologique, qui nous contraint à repenser les origines du vivant et la naissance de l’art. 

Un véritable voyage dans le temps, de l’immémorial astral à l’éphémère des visages-fleurs,  qui brouille les frontières de l’organique et de l’inorganique, dans un vis-à-vis de regards et de  «portraits » de la nature » évoquant souvent les portraits de l’art. »

« Tels sont aussi les origènes-fantômes de Claude Charles Mollard,  le plus souvent  issus de cette incroyable nature  tropicale du Brésil,  où tout se lie, se plie, s’enchaîne et devient impénétrable. Bleu aux yeux de sable,  palmigène parasitant un tronc de palmier, affreux de toutes sortes, plus criants les uns que les autres, toute une population vous dévore du regard vide et mortifère. C’est cela l’après vie, c’est cela votre double, c’est cela la mort, semblent-ils nous dire. De là l’affinité des fantômes et des momies. 

« Explorer cette topologie et tectonique de la lumière n’est rien d’autre que la métaphore de l’acte photographique, mais c’est aussi créer un certain type d’image. Des images- flux, prises dans les grandes fluidités cosmiques. De ce point de vue, tout oppose les origènes de la terre et du cosmos, figés dans leur éternité immémoriale, aux transparents plus légers et plus fluides, qui explorent  deux  autres imaginaires et modalités de la matière : l’eau et le cristal, les traces et les artefacts . 

Extraits du livre de Christine Buci-Glucksmann, Le Cercle d’Art Origènes 2006.

 

« Mollard cadre serré son dialogue avec l’en-deçà et l’au-delà des apparences. Mais son double – Claude Mollards tout court, l’acteur du champ culturel que l’on sait – est trop cultivé pour ignorer en quoi sa quête s’inscrit dans une histoire. Hugo et Dubuffet, Cocteau et Bachelard, entre autres, ont nourri ces images latentes comme le médium photo qui leur a donné vie. Les Origènes ont bien existé ; Mollard les a rencontrés. » 

Stéphane Guegan, Beaux-Arts magazine, 2008

 

                       Vers dorés

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Gérard de Nerval, Odelettes

Catalogue final no4mollard4 2534 page 03

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